Catégorie:Administration fédérale

La Suisse laissera-t-elle l’économie surfer sur ses données?


Le mouvement Open Data milite pour l’ouverture des données publiques en utilisant le même genre d’outils qu’emploient les moteurs de recherche. (Illustration: Bilan)

Par Fabrice Delaye. Le Conseil fédéral doit décider cet automne s’il s’ouvre à l’open data. Ce mouvement, présent aux Etats-Unis et en France, prône l’accès à toutes les informations publiques.

A combien se loue en moyenne le mètre carré dans le quartier où vous comptez emménager? Comment se comparent les pourcentages de réussite à la matu des différentes écoles où vous envisagez de scolariser votre enfant? Dans quel hôpital de la région risque-t-on d’attraper le plus de maladies nosocomiales? Quelle ligne de bus est-elle la moins sûre de votre ville?… Nous n’avons pas les réponses à ces questions, mais nous savons où elles sont. Comme des milliers d’autres informations pertinentes pour notre quotidien, elles dorment dans les bases de données des diverses administrations. Publiques, ces informations devraient être accessibles. D’autant plus que, depuis juillet 2006, la loi sur l’organisation du gouvernement et de l’administration (LOGA) garantit aux Suisses le droit de demander presque n’importe quelle information gouvernementale. Mais entre les difficultés d’identifier les sources et les labyrinthes bureaucratiques, on est très loin du compte. Le site loitransparence.ch constate que, entre 2006 et 2010, les Suisses ont eu 20 fois moins recours à cette possibilité que les Anglais. Et près d’un tiers de leurs demandes ont été refusées…

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Il y a-t-il des contrats secrets à l’EPFL?

Par Marcel Hänggi. Le mot «transparence» est un mot magique dans les milieux scientifiques. Mais les centres de recherche s’y tiennent-ilsvraiment? Pour la WochenZeitung (WOZ), j’ai voulu vérifier cela auprès des deux Ecoles polytechniques fédérales.

Les Ecoles polytechniques fédérales ne jouent pas la transparence sur le financement des chaires de recherche: laboratoire à l’EPFL (Photo : Keystone)

 M’appuyant sur la loi sur la transparence (LTrans), j’ai demandé à Lausanne d’avoir accès aux contrats avec Nestlé concernant deux «Chaires Nestlé». La requête a été refusée: les contrats contiennent des clauses secrètes. Cette justification est éloquente: un contrat de financement de chaire avec des clauses secrètes n’est pas compatible avec une «bonne pratique scientifique». La suite en allemand…

 

 


Tout était en ordre, selon les experts de Swissmedic

Les experts de Swissmedic sont tenus de déclarer leurs liens d'intérêt: ils le font de façon sommaire.

 

Par Isabelle Ducret.  S’il est un point sur lesquels les Suisses sont très susceptibles, c’est bien la confiance dans les institutions. Il a fallu des semaines pour parvenir à vérifier les éventuels conflits d’intérêt entre les 40 médecins-experts de Swissmedic et les firmes pharmaceutiques.

Enquêter sur les conflits d’intérêt en Suisse, une gageure. En préparant ce Temps Présent sur la sécurité des médicaments, notre première impression se confirme bien vite : en toile de fond se trouve l’éternelle question de l’indépendance des experts de la santé face aux grandes firmes pharmaceutiques… un sacré lobby en Suisse.

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Où sont passés les 100 millions?

A huit clos: le public n’a pas le droit de savoir quelles entreprises font de la recherche aux frais de l’état. (Photo: Keystone)

Par Otto Hostettler. Durant sa lutte contre le franc fort, le Conseil fédéral a investi 100 millions dans la recherche. Mais il ne dit pas quelles entreprises en profitent.

Tout a dû aller très vite : l’automne dernier, la Commission (CTI) pour la promotion de l’innovation de l’état a distribué 100 millions de francs en quelques semaines. Avec cette dépense colossale, le Conseil fédéral entend encourager les produits innovants et renforcer ainsi l’économie nationale. On ignore toujours quelles entreprises ont finalement profité des millions de la Confédération. Se basant sur la loi sur la transparence, selon laquelle chacun a en principe accès à toute information et tout document de l’Administration fédérale, le journal Beobachter a cherché à connaître le nom des bénéficiaires. Mais la Commission pour la promotion de l’innovation (CTI) refuse la consultation des documents. La suite en allemand….

 


L’accès aux dossiers peut coûter très cher

Quand il s’agit de donner des informations sur la répartition de trois cent millions de francs dans la transformation de lait en fromage, l’Office fédéral de l’agriculture est près de ses sous. (Photo : Keystone)

Par Eveline Dudda. L’accès au dossier peut coûter cher: l’Office fédéral de l’agriculture demande parfois jusqu’à 300 francs pour des rapports de controlling et des statistiques. Pour des circulaires, il se peut que l’on doive verser le triple.

L’argent joue un grand rôle à l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG). Celui-ci réinjecte par exemple dans la transformation de lait en fromage environ trois cent millions de francs provenant des recettes fiscales. Mais quand il s’agit d’accéder à ces rapports de contrôles, l’OFAG est près de ses sous : « Pour le traitement de votre demande d’accès au rapport de controlling Suppléments du soutien au prix du lait. Rapports mensuels avec vue d’ensemble de l’année 2011 et à la Documentation statistique sur le soutien au prix du lait de 2000 à 2010, résumé annuel, nous comptons environ trois heures ». Au tarif de 100 francs l’heure, on en arrive à 300 francs. Le prix ne se justifie pas par les photocopies: les rapports contiennent en tout moins de quarante pages de documents. En outre, pas un mot ne doit être caviardé. La suite en allemand…