La comptabilité opaque des paysans ne sera pas éternelle

Légende photo:Les sommes que verse la Confédération pour leur activité est encore un secret: récolte des choux dans le Gürbental (Photo: RDB/Hiltpold) Les sommes que verse la Confédération pour leur activité est encore un secret: récolte des choux dans le Gürbental (Photo: RDB/Hiltpold)

Par Martin Stoll. Le public a le droit de savoir quel montant chaque paysan touche en subventions agricoles. Le préposé à la transparence estime que les sommes versées au titre de payements directs et de contributions écologiques peuvent être publiées sans modification législative.

Markus Ritter, président de l’Union suisse des paysans, a donné récemment l’exemple en révélant au SonntagsBlick qu’il avait reçu l’an dernier 85’018 francs et cinq centimes de la Confédération pour son domaine agricole. C’est cependant une exception, car les paysans n’aiment guère qu’on guigne dans leurs comptes. Dès lors, la manière dont sont distribués les 2,8 milliards de subventions agricoles chaque année demeure un secret d’Etat bien gardé. Pourtant ces cachotteries devraient bientôt cesser.

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Nombre de demandes record en 2014

Thür Quittant sa fonction cet automne, Hanspeter Thür, préposé à la protection des données, espère que la loi sur la transparence sera encore plus souvent invoquée et que l’administration se ralliera au principe d’ouverture au public. (Photo: Keystone)

Par Martin Stoll. Jamais journalistes et citoyens n’ont autant réclamé que l’an dernier d’accéder à des documents officiels. L’intérêt sans cesse croissant porté à leurs documents pousse une administration parfois frileuse et démotivée à réagir.

La statistique publiée par le préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) sur les demandes d’accès montre qu’en 2014, on a atteint des records: les professionnels des médias ainsi que simples citoyennes et citoyens ont déposé l’an dernier 582 demandes d’accès. Ainsi l’administration fédérale a enregistré plus de 100 demandes supplémentaires, autrement dit une forte augmentation de 20%.

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Transparence avec housse de protection

La centrale atomique de Mühleberg (BE) : des décennies durant, la sécurité était une affaire entre l’IFSN et les exploitants de centrales. Désormais, la législation a changé. (Photo RDB/Ex-Press/Nadja Frey) La centrale atomique de Mühleberg (BE) : des décennies durant, la sécurité était une affaire entre l’IFSN et les exploitants de centrales. Désormais, la législation a changé. (Photo RDB/Ex-Press/Nadja Frey)

Par Florian Kasser. Le Tribunal administratif fédéral vient d’octroyer 10 000 francs à l’expert en radioprotection Marco Bähler. Il avait demandé à l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) à pouvoir consulter les données de radiations détaillées de la centrale de Mühleberg, après avoir lui-même mesuré des valeurs élevées dans les parages de l’installation. L’instance de surveillance s’y est opposée des années durant sous divers prétextes. 

A vrai dire, les juges n’ont pas vraiment dû traiter de la requête en vertu de la LTrans. La plainte déposée par Bähler auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF) a suffi pour que l’IFSN se dégonfle et fournisse les données de radioactivité. Reste que, ce faisant, l’instance évitait une clarification de la jurisprudence qui lui aurait été à coup sûr défavorable.

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Le Seco ne peut pas se cacher derrière les cantons

Comment le centre commercial de Landquart a-t-il eu une autorisation de travail dominical ? Par égard pour ses collègues grisons, la Confédération a refusé de mettre des dossiers à disposition. (Photo : Designer Outlet Landquart) Comment le centre commercial de Landquart a-t-il eu une autorisation de travail dominical ? Par égard pour ses collègues grisons, la Confédération a refusé de mettre des dossiers à disposition. (Photo : Designer Outlet Landquart)

Par Stefanie Hablützel. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) doit publier sa correspondance avec l’Office du travail grison même si, aux Grisons, le principe de confidentialité reste en vigueur. C’est aussi ce que demande le Préposé à la transparence (PFPDT) dans le cas des ventes dominicales du Designer Outlet de Landquart.

 

Ouvert sept jours par semaine : c’est la promesse du centre commercial de Landquart depuis 2009. A l’époque, le gouvernement grison avait autorisé les ventes dominicales en dépit de l’interdiction de travailler le dimanche en vigueur en Suisse. Pour lui, l’Outlet coincé entre autoroute et chemin de fer était une zone touristique et, à ce titre, il ne nécessitait pas d’autorisation. Ce n’est qu’en 2014, sur intervention du syndicat Unia, que le Tribunal fédéral rappela le canton à l’ordre et déclara en termes clairs les ventes dominicales du Designer Outlet illégales. Cet arrêt est passé à la poubelle au printemps 2015, quand le Conseil fédéral a légalisé les ventes du dimanche par une « Lex Outlet », à Landquart de même qu’au Foxtown de Mendrisio.

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Communes, Eglises, administrations : consultation de dossiers dans les cantons

Une loi sur la transparence existe dans 18 cantons, mais chacune est un peu différente. Une loi sur la transparence existe dans 18 cantons, mais chacune est un peu différente.

Par Marcel Hänggi. Schaffhouse règle en trois articles ce qui en nécessite 69 à Genève. Dans le canton de Vaud, les Eglises ne doivent pas publier leurs dossiers, à Uri ce sont les communes. Appenzell Rhodes Extérieures est pionnier en matière de transparence et ne possède pourtant pas de réel principe de publicité. Voilà quelques trouvailles issues de la comparaison des lois cantonales sur la transparence.

 

Dix-huit cantons et la Confédération connaissent aujourd’hui le principe de publicité. Dans douze cantons, mais pas au niveau fédéral, ce principe est ancré dans la Constitution. À Lucerne et dans les Grisons, le processus législatif est en cours. Appenzell Rhodes Intérieures, Glaris, Nidwald, Obwald et la Thurgovie restent fidèles au principe de confidentialité. Appenzell Rhodes Extérieures est un cas particulier : le demi-canton fut le deuxième à se doter d’une loi sur l’information. Mais cette dernière fait dépendre le droit d’accéder aux documents officiels de la preuve d’un intérêt public, tandis que le véritable principe de publicité part de l’idée qu’un tel intérêt existe. A Soleure et Schwytz, une autorité peut exiger la preuve d’un intérêt lorsque le traitement d’une requête exige un effort « particulier », respectivement « extraordinaire ». Seul Schwytz explicite que ce que cela signifie : un effort de plus de quatre heures est déjà « extraordinaire ». Öffentlichkeitsgesetz.ch a analysé les lois cantonales sur la transparence et les a classées dans une base de données. Le résumé le montre : tous les cantons ne sont pas également ouverts au public.

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