On saura enfin ce qui s’échappe de la cheminée

 

 

Surveillance de la production à la centrale nucléaire de Leibstadt : lorsque quelque chose cloche, le public a droit à des faits. (Photo RDB/Reuters/Stefan Wermuth) Surveillance de la production à la centrale nucléaire de Leibstadt : lorsque quelque chose cloche, le public a droit à des faits. (Photo RDB/Reuters/Stefan Wermuth)

Par Martin Stoll. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a fait volte-face et entend communiquer activement les données sur les cheminées d’échappement des centrales nucléaires. Après une longue dispute avec les militants de l’environnement, l’IFSN exige désormais que les exploitants de centrales se conforment au principe de transparence.

 

Greenpeace s’était cassé les dents sur l’Inspection de la sécurité nucléaire en demandant il y a un an des données précises de ce qui était sorti entre janvier 2013 et novembre 2014 de la cheminée d’échappement de la centrale de Leibstadt. Comme lors de précédentes requêtes de militants de l’environnement, l’IFSN avait prétendu que le public n’avait pas un droit au résultat de telles mesures ; que la Loi sur la transparence ne s’appliquait pas dans un tel cas.

 

Mais l’IFSN a révisé son attitude. Après que le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) eut formellement demandé en octobre que les données d’émissions des centrales soient activement publiées sur la Toile, l’IFSN entend bel et bien les publier désormais, « dans la forme appropriée et en paquets mensuels ». L’IFSN est à vrai dire persuadée que les procès-verbaux de mesures n’ont qu’une valeur limitée. Les senseurs de la cheminée d’échappement sont prévus pour les urgences et, en exploitation normale, ils ont une signification « extrêmement limitée ».

 

Mais l’IFSN le fait quand même, se pliant à la pression du public : le grand intérêt du public est « un indice de l’importance d’un tel document », énonce une ordonnance qui vient d’être publiée. Celle-ci contraint la centrale de Leibstadt à produire les anciens résultats de mesures que Greenpeace demandait, afin de vérifier des irrégularités.

 

L’IFSN avait effacé ces données par routine et la Kernkraftwerk Leibstadt (KKL) avait refusé de les communiquer une fois encore à l’autorité de surveillance. La KKL a répondu, entêtée, qu’« en l’absence de base administrative ou légale » elle ne pouvait répondre au souhait de l’IFSN. Reste à voir si la centrale se conformera maintenant à l’ordonnance. Elle a jusqu’à début décembre pour faire recours contre le verdict.

 

Les protecteurs de l’environnement voient dans l’ordonnance un succès dans leur longue lutte pour un surcroît de transparence. « Toute cette procédure valait la peine », nous dit Florian Kasser, responsable de campagne chez Greenpeace.

 

L’expert en protection contre les radiations Marco Bähler, qui s’est battu avec succès pour un accès aux données de radioactivité de la centrale Mühleberg, n’est pas 100% heureux. Il aimerait avoir les résultats en continu et non sous forme de paquets mensuels. A la « Wochenzeitung », il a avoué sa crainte que les données ne soient expurgées et enjolivées.

 


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