Savoir ce que font les autorités, une série de la RTS

Tout citoyen peut demander des informations officielles auprès des autorités. Ici, la mairie d’Onex (GE). (Photo: Martial Trezzini/Keystone)

 

Par Eva Hirschi. Dans une série en quatre épisodes, la RTS a mis en lumière différents aspects du principe de la transparence de la perspective des citoyennes et citoyens. Le sujet a remporté un franc succès.

L’accès aux documents administratifs n’est pas réservé aux médias: la population peut également activer les lois sur la transparence pour obtenir des informations des autorités. Toutefois, peu de personnes savent comment faire valoir ce droit. L’émission radio «On en parle» de la RTS a consacré quatre épisodes à ce sujet.

Fervent défenseur du principe de transparence, Kyril Gossweiler est un citoyen vaudois qui, depuis 2006, demande fréquemment l’accès à des informations officielles au moyen de la loi cantonale sur la transparence. Il se considère comme un «agitateur positif».

Kyril Gossweiler explique qu’il s’intéresse à certains thèmes: «Nous voulons tous savoir ce que contiennent les produits que nous consommons, c’est donc logique de vouloir savoir ce que font nos administrations».

Renforcer la confiance dans l’Etat

Dans un autre épisode, Martine Stoffel, préposée à la transparence du canton de Fribourg, décrit la procédure pour faire une demande d’accès au niveau cantonal. À Fribourg, la moitié des demandes proviennent de particuliers, le reste des médias, communes, entreprises, organisations et avocats.

D’après elle, les citoyennes et citoyens devraient davantage recourir aux lois sur la transparence. «Le fait de connaître les activités de l’Etat renforce la confiance de la population envers l’Etat.»

Dysfonctionnements révélés au grand jour

Un épisode est dédié à l’utilisation de la loi sur la transparence dans le cadre journalistique. C’est Bastien von Wyss, recherchiste à la RTS et membre de l’association Loitransparence.ch, qui donne des explications.

Le journaliste a enquêté sur un vol de données survenu à l’automne 2017 chez Swisscom. À l’époque, l’opérateur avait minimisé cet incident, estimant qu’il s’agissait de données non sensibles. Or, le vol s’est révélé moins anodin qu’annoncé, a découvert le recherchiste grâce à une demande en vertu de la loi sur la transparence. Bastien von Wyss a cependant dû aller jusqu’au Tribunal fédéral pour accéder aux documents demandés, qui lui a donné raison.

Grand intérêt du public

Les auditrices et auditeurs ont également eu la possibilité de poser leurs questions. Deux experts en la matière, Christian Flueckiger, préposé à la transparence du canton du Jura et de Neuchâtel, et Bertil Cottier, professeur en droit de la communication aux universités de Lausanne et de Lugano, y ont répondu. Le public voulait par exemple savoir dans quels cas surviennent des exceptions et comment concilier protection des données et transparence.