Jour:OFAG

A l’arme lourde contre l’importune

Le porte-parole Jürg Jordi n’aime pas les questions obstinées.

Par Martin Stoll. L’Office fédéral de l’agriculture (Ofag) refroidit l’ardeur d’une journaliste malcommode à l’aide de méthodes douteuses. En mésusant précisément de la Loi sur la transparence.

 

Journaliste libre en Suisse orientale, Eveline Dudda s’occupe – comme l’indique la devise de son entreprise – de «Journalisme au vert». L’Office fédéral de l’agriculture voit la chose tout autrement. Eveline Dudda et le porte-parole de l’Ofag Jürg Jordi débattent régulièrement, et avec véhémence, de la politique d’information restrictive de l’office. Pour les fonctionnaires agricoles, elle est un épouvantail. Jürg Jordi lui a fait savoir la semaine passée que ce qu’elle faisait « avait peu de rapport avec le journalisme mais beaucoup avec des chicaneries ». Du coup, il renonçait à répondre à ses questions : « Tu n’as qu’à les poser au Service juridique de l’Ofag », a-t-il écrit le 6 novembre par courriel à la journaliste obstinée. Ses questions journalistiques seraient dès lors traitées comme « des requêtes en vertu de la LTrans. Cela vaut aussi pour toutes les autres questions que tu adresserais aux employés de l’Ofag ». Plus d’informations…


Transparence calculée à l’Office fédéral de l’agriculture

Par Martin Stoll. L’Office fédéral de l’agriculture a longtemps résisté à la publication de la liste des bénéficiaires de subventions. Les fonctionnaires agricoles de la Confédération ont désormais placé ce document sur la Toile. Mais pour des raisons tactiques.

Bernard Lehmann, directeur de l’Ofag, renoncera à la publication d’autres listes de bénéficiaires de subventions. (Photo : RDB, Christian Lanz)

L’Office fédéral de l’agriculture (Ofag) s’est échiné à empêcher l’accès du magazine « Der Beobachter » à la liste des transformateurs de lait qui perçoivent ce qu’on appelle des suppléments pour le lait transformé en fromage. Il avançait une série d’arguments : il n’y aurait pas d’intérêt public à accéder à cette liste, la protection des données l’emporterait, la loi ne prévoirait pas une telle publication. Pour couronner le tout, l’Ofag se serait exécuté au prix d’un émolument absurde de plus de 275’000 francs, sous prétexte qu’il aurait dû contacter 2500 transformateurs de lait.

« Der Beobachter » a demandé une procédure de conciliation au Préposé à la transparence, Hanspeter Thür. Ce dernier a blâmé le comportement de l’Ofag en des termes très durs : la facture des émoluments était, selon lui, « hors de proportion et franchement choquante ».

Après cette réprimande, l’Ofag vient de placer discrètement cette liste sur la Toile. Les grands bénéficiaires d’un supplément pour le lait transformé en fromage sont maintenant connus : Emmi a empoché 46 millions de francs de subventions fédérales l’an dernier, Züger Frischkäse AG un peu plus de 15 millions, Cremo SA, successeur de la Centrale du beurre créée pendant la Première guerre mondiale, 7,6 millions et la fromagerie Imlig de Suisse orientale 7,1 millions.

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Une gifle pour l’Ofag, qui réclamait 275’000 francs pour une simple liste

Par Otto Hostettler. L’Office fédéral de l’agriculture doit fournir au «Beobachter» une liste des transformateurs de lait qui touchent des subventions mensuelles supérieures à 100’000 francs. C’est ce qu’a décidé le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, Hanspeter Thür. 

Les fromagers puisent aussi des subventions. La liste des récipiendaires ne doit plus être un secret. (Photo RDB/Stephan Engler)

La manie du secret touche à sa fin. L’Office fédéral de l’agriculture (Ofag) a empêché un an et demi durant que le public apprenne qui profite des subsides de l’Etat pour la production de fromage. Maintenant, Hanspeter Thür, le Préposé à la protection des données et à la transparence est arrivé à la conclusion que par son attitude, la plus haute autorité agricole enfreint sur plusieurs points la loi sur la transparence. Elle doit désormais fournir au magazine «Beobachter» la liste de toutes les entreprises fromagères qui touchent plus de 100’000 francs par mois de supplément pour le lait transformé en fromage. Et cela sans lui facturer des coûts effrayants. A l’origine, l’Office fédéral réclamait au «Beobachter», pour une liste complète, une taxe absurde de 275’000 francs. Si l’Office fédéral ne se conforme pas à l’injonction du Préposé, ce sera au Tribunal administratif fédéral de trancher l’affaire.

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L’administration en fait tout un fromage

Production fromagère: pourquoi les destinataires des subventions devraient-ils rester secrets? (Photo: Keystone)

Par Otto Hostettler, Beobachter. L’Office fédéral de l’agriculture n’accepte de publier une liste de bénéficiaires de subventions que si le «Beobachter» débourse 275’000 francs.

Nul ne doit savoir quelles sont les fromageries et industries de la transformation du lait qui touchent une part du «po» de 300 millions consacré au «supplément pour la transformation du lait en fromage». Depuis plus d’une année, l’Office fédéral de l’agriculture refuse ce renseignement au «Beobachter». Pour lui, il s’agit de «données personnelles sujettes à protection» qui, en outre, ne seraient pas d’intérêt public. Bizarre, car ce supplément est un instrument essentiel de la nouvelle organisation du marché du lait. A ce jour, on ne comprend pas si le supplément garantit effectivement aux paysans un meilleur prix du lait ou s’il profite pour l’essentiel aux grandes industries transformatrices. Plus…

 


De l’administration transparente à la transparence de la vitrine

Par Eveline Dudda. Depuis peu, l’administration présente certes ses documents dans une vitrine. Mais les pièces exposées ne sont disponibles que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Et s’avèrent parfois un emballage trompeur. Compte rendu.

Vision limitée de la branche: production de lait en poudre à Hochdorf (LU). (Photo Keystone)

Après avoir vu échouer une première douzaine de requêtes de pouvoir consulter les créances d’émoluments de l’administration, j’ai pris mon courage à deux mains, cassé mon petit cochon et décidé une bonne fois – à la barbe de toute éthique journalistique – de m’acheter un droit de consultation. L’objet de ma curiosité était le rapport d’activité que l’organisation de la branche du lait se doit de fournir à l’Office fédéral de l’agriculture. Plus…