Face à la pression publique, les labos font la transparence
Les autorités ont été contraintes à la transparence sur les produits toxiques, qui se trouvent par exemple dans les jouets pour enfants. (Photo: Gaetan Bally/Keystone)Par Markus Fehlmann. Les autorités mettent de plus en plus en garde les consommateurs et consommatrices contre les produits dangereux. Toutefois, elles ne le font pas volontairement: la loi sur la transparence y est pour beaucoup.
Les laboratoires cantonaux contrôlent régulièrement des produits tels que les produits de nettoyage, les huiles parfumées et les jouets. Ils y trouvent régulièrement des substances interdites ou toxiques, comme des plastifiants cancérigènes ou perturbateurs endocriniens dans les jouets en plastique.
Malgré les dangers qu’ils revêtent pour la santé, le public ne sait pas quels produits sont exactement concernés. Les autorités en font un secret, invoquant les intérêts commerciaux des fabricants. Elles ne publient généralement qu’un résumé sommaire des résultats de leurs contrôles dans un rapport annuel.
Activant la loi sur la transparence, les magazines de consommateurs K-Tipp et Saldo demandaient depuis des années la publication des noms des produits nocifs, mais pas toujours avec le résultat escompté. Si le canton de Bâle-Ville s’est rapidement montré ouvert à une communication transparente en donnant les noms des produits, d’autres cantons ont refusé catégoriquement une divulgation.
En 2023, la rédaction a déposé une demande LTrans auprès de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) concernant des produits de nettoyage dangereux. L’OFSP a fait appel au Préposé à la protection des données et à la transparence (PFPDT) pour qu’il donne son avis sur la situation. Le but était de clarifier cette question: l’OFSP, en tant qu’autorité responsable du contrôle de ces produits de nettoyage, a-t-il le droit de divulguer les données collectées par les laboratoires cantonaux? Réponse du préposé: oui.
Le fait que cette question fondamentale ait été clarifiée a probablement contribué à ce que les laboratoires cantonaux se montrent par la suite moins réticents à publier ces données. En règle générale, il suffit désormais d’envoyer une demande par courriel en se référant à la loi sur la transparence pour obtenir les données souhaitées.
La loi sur la transparence et la persévérance des médias ont fini par faire plier les autorités qui ont revu leur position: à l’automne 2025, les laboratoires cantonaux d’Argovie, de Bâle-Ville et du Valais ont publié pour la première fois de leur propre gré les noms des produits nocifs pour la santé dans lesquels ils avaient récemment trouvé des plastifiants toxiques. Les rappels de produits ont été publiés en ligne sur Recallswiss.admin.ch.
Markus Fehlmann est rédacteur pour le magazine de consommateurs «K-Tipp»




















