Affaire Fischer: un rapport sévère confirme les soupçons
Elle a utilisé les services de l’Etat pour son propre compte: l’ex-conseillère d’État Fabienne Fischer devant la presse. (Photo: Di Nolfi/Keystone)Par Eva Hirschi. L’ancienne conseillère d’Etat genevoise a bel et bien utilisé de l’argent public pour sa campagne électorale et favorisé des connaissances de longue date. C’est le verdict accablant d’un rapport de la sous-commission de contrôle de gestion du Grand Conseil genevois.
À Genève, des recherches menées grâce à la loi sur la transparence sur la campagne de Fabienne Fischer ont fait couler beaucoup d’encre en août 2023. Des documents en partie caviardés, rendus publics par «Léman Bleu», ont émis des soupçons à l’encontre de l’ancienne ministre écologiste qui aurait fait travailler des responsables du service de communication pour sa campagne électorale.
D’autres recherches de «Léman Bleu» et «Le Temps», également réalisées sur la base de la loi genevoise sur l’information, reprochent en outre à Fabienne Fischer des conflits d’intérêts lors de l’embauche de collaborateurs et lors d’attribution de mandats, notamment à des associations dans laquelles son conjoint est actif (voir l’article de Loitransparence.ch). En début d’année, «Léman Bleu» a été récompensé pour son enquête avec le «Prix Transparence Regio» de Loitransparence.ch.
Des résultats accablants et une enquête compliquée
Tout juste publié, le rapport de la sous-commission de contrôle de gestion du Grand Conseil genevois confirme les reproches émis en août dernier. Il est notamment question de cas avéré de népotisme. «Au lieu de servir la population, l’ex-conseillère d’Etat s’est servie», a déclaré devant les médias la députée socialiste Jennifer Conti, présidente de la sous-commission.
Le déroulement de l’enquête a également fait l’objet de critiques: quatre personnes impliquées ayant refusé d’être entendues, la commission a dû attendre six mois avant que le Conseil d’Etat n’ordonne l’audition en vertu de la loi sur la transparence.
Par ailleurs, plusieurs employés de l’Etat auraient effacé des courriels lorsque l’ouverture de l’enquête a été annoncée. L’ancienne conseillère d’Etat aurait même fait disparaître des courriels deux mois après avoir quitté ses fonctions.
La procédure pénale est toujours en cours
Face à «ce dégât d’image considérable», l’Etat doit renforcer la transparence, recommande la commission.
On ne sait pas encore si le cas aura des conséquences pénales pour Fabienne Fischer, la procédure pénale est encore en cours. Deux plaintes pénales pour gestion déloyale des intérêts publics avaient été déposées auprès du Ministère public.
Dans le cadre de cette affaire, la Cour des comptes genevoise est en train d’examiner les mandats confiés par l’administration cantonale à des tiers.
De son côté, Fabienne Fischer conteste fermement les résultats de ce rapport. Elle affirme avoir exercé sa fonction de conseillère d’Etat «dans le strict respect des lois, au plus près de ma conscience».




















