«À Zurich, il manque une culture de la transparence»
La journaliste Lisa Aeschlimann a dû faire preuve de persévérance pour accéder à des documents.Par Eva Hirschi. Réponses tardives, manque de justification, ton condescendant: la journaliste Lisa Aeschlimann s’est régulièrement heurtée à un mur face à l’administration du canton de Zurich. Que faut-il améliorer pour que la loi zurichoise sur l’information soit mieux appliquée?
Le recours contre un accès refusé a d’abord «échappé à sa vigilance», puis la demande n’avait «malheureusement pas encore pu être traitée». Au total, elle aura attendu une année et demie. La journaliste Lisa Aeschlimann a raconté ses déboires avec l’administration cantonale zurichoise lors du Café Transparence.
«Des décisions parfois arbitraires»: de vives critiques ont été émises envers l’administration cantonale zurichoise.
Une situation frustrante, évoque Lisa Aeschlimann. Mais c’est aussi un gaspillage de ressources, et pas que pour les rédactions. «C’est également un gâchis pour l’administration, soit des personnes dont les postes sont financés par les contribuables, qui ont un droit de savoir pourquoi le gouvernement prend de telles décisions».
Forte réserve, décisions arbitraires
Dans le cadre de son travail, à l’époque au «Tages-Anzeiger» et désormais au «Sonntagsblick», la journaliste a déjà fait plusieurs demandes d’accès en recourant à la loi zurichoise sur l’information. Elle constate: «Le canton de Zurich est très frileux vis-à-vis du principe de transparence. Et il prend parfois des décisions arbitraires.» Elle évoque le cas d’une manifestation pour le climat devant Credit Suisse en 2019: un activiste du climat voulait consulter les ordonnances pénales, sa demande est restée vaine. Or, lorsque le député zurichois UDC Claudio Schmid a fait la même demande, l’accès lui a été autorisé – sans même que les noms soient anonymisés.
Tout savoir sur la transparence

«Ce n’est pas du tout professionnel», assène Lisa Aeschlimann. Et d’ajouter qu’il y avait des cas où d’autres cantons ont livré des documents, mais pas le canton de Zurich. Un exemple parlant est celui des cellules de crise cantonales durant la pandémie: alors que certains cantons ont publié ces procès-verbaux, ceux du canton de Zurich sont restés sous clé. Un autre exemple est celui des analyses sur les pesticides: si certains cantons ont dévoilé que leur nappe phréatique était polluée, le canton de Zurich n’a, lui, rien dit. Les commentaires des personnes ayant participé au Café Transparence montrent que d’autres journalistes ont fait de mauvaises expériences avec la loi sur l’information dans le canton de Zurich. Plusieurs unités de l’administration contactées par Loitransparence.ch n’ont pas souhaité participer à la discussion organisée sur le sujet.
Des exceptions qui ne doivent pas être la règle
Bien que le canton ait ancré le principe de transparence dans la loi sur l’information et la protection des données depuis 2006, Lisa Aeschlimann constate que l’administration n’a pas la volonté de publier des informations: «La culture liée à cette loi n’existe pas. Il manque la mentalité selon laquelle les informations sont en principe publiques. Pareil pour les exceptions, qui ne doivent pas être la règle, mais doivent être justifiées.»
Lisa Aeschlimann l’a elle-même vécu. Ainsi, lorsqu’on lui refusait une demande d’accès, elle ne recevait pas systématiquement une décision pouvant être contestée. Elle a dû insister à plusieurs reprises, à chaque fois par lettre recommandée, ce qui a retardé encore davantage le processus.




















