« On peut expliquer l’import- ance de la transparence »

Le comité d’initiative thurgovien : Ueli Fisch est au premier rang, deuxième depuis la gauche.

Par Marcel Hänggi. En Thurgovie, le gouvernement et le Parlement ne veulent rien savoir du principe de transparence. Un comité au-dessus des partis a lancé une initiative populaire. Entretien avec l’initiant Ueli Fisch.

A Berne, depuis que la loi sur l’information est entrée en vigueur en 1995, un canton après l’autre ainsi que la Confédération ont introduit le principe de transparence. Aujourd’hui, seuls six cantons conservent le principe de confidentialité.

En novembre 2015, deux parlements cantonaux ont rejeté le principe de transparence. A Lucerne, le Grand Conseil a enterré un projet du gouvernement et, en Thurgovie, aussi bien le gouvernement que le parlement étaient contre. Mais aujourd’hui un comité au-dessus des partis a lancé une « initiative populaire pour des autorités transparentes en Thurgovie ». La récolte des signatures débute le 22 septembre.

 

Loitransparence.ch s’est entretenu avec le président du comité d’initiative, Ueli Fisch. Ce Vert’libéral préside le groupe VL/PBD du Grand Conseil thurgovien ; il avait été l’auteur en 2015 de la motion, rejetée, visant à introduire un principe de transparence cantonal.

Gouvernement et Parlement ont rejeté le principe de transparence. Pensez-vous que le peuple sera plus ouvert ?

J’en suis convaincu, ne serait-ce qu’au vu des réactions que j’ai entendues après le rejet de ma motion.

L’objet n’est-il pas trop abstrait pour une initiative populaire ?

C’est un risque. Après tout, rares sont les citoyennes et citoyens qui utiliseront leur droit à accéder aux documents officiels. Mais je crois qu’on peut leur expliquer combien la transparence est importante, notamment en matière d’adjudications. Et si peu de citoyens utilisent le principe de transparence, cela rend caduque la crainte de nos adversaires que la loi entraîne beaucoup de travail et des coûts élevés.

En 2015, le Conseil d’Etat a écrit que le principe de transparence était « peut-être souhaitable dans un système de démocratie directe », mais il l’a quand même rejeté. Pourquoi ?

Trois anciens présidents et une ancienne vice-présidente de commune siègent au Conseil d’Etat. Le lobby des autorités communales se défend contre le principe de transparence.

On dirait que ce sont surtout les petits cantons et les communes qui rechignent à la transparence.

C’est sûrement le cas. C’est lié à la proximité, on pourrait dire au copinage.

Contrôler les autorités est une préoccupation libérale. Or dans votre comité tous les partis sont représentés sauf, justement, le PLR.

Le PLR argüe qu’il ne veut pas de nouvelles lois. Mais un autre aspect est plus important : énormément de députés PLR siègent aussi au sein d’autorités communales. En Thurgovie, le PLR reste le parti du lobby des communes plus que celui de l’économie. Mais je me réjouis de voir si les plus jeunes membres de ce parti ne montrent pas de l’estime pour cette préoccupation archi-libérale. Nous avons en tout cas des partisans radicaux.

La transparence est-elle connotée à gauche ou à droite ? A Lucerne, ce sont des PDC, des PLR et des UDC qui étaient résolument contre ; le PS, les Verts et les Vert’libéraux résolument pour la loi sur la transparence.

Je ne crois pas. A Zoug, par exemple, l’UDC a été un moteur. Mais en Thurgovie, l’UDC et le PLR comptent beaucoup de représentants de communes et c’est pourquoi le principe de transparence est rejeté. En revanche, le PDC devrait être plus ouvert qu’à Lucerne.


Accès au site de l’initiative populaire pour des autorités transparentes en Thurgovie

 

 

 


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