L’open data au service du journalisme
Les politiques ne peuvent plus se cacher derrière la fameuse formule: «On ne va pas vous ennuyer avec des chiffres.»
La dernière campagne électorale française a été l’occasion d’une bataille de chiffres destinés à impressionner l’électeur. Malheureusement pour les politiciens, ce dernier est devenu un internaute. Et, avec l’open data, il peut facilement vérifier puis partager les erreurs ou les approximations qu’il a dénichées. Le bobaromètre de Libération et le guéantomètre de Slate.fr surfent sur cette mode de la vérification des faits et de la puissance des informations sourcées par la masse des internautes (crowdsourcing).
En collaboration avec i-Télé, les journalistes d’Owni, une start-up parisienne, sont allés encore plus loin avec leur véritomètre. Ayant accès aux données publiques de l’INSEE, d’Eurostat, du FMI, etc., les journalistes d’Owni ont construit un outil capable de vérifier quelque 1300 chiffres énoncés par six candidats. Selon l’un des responsables du projet, Nicolas Patte, «Nicolas Sarkozy a pris le lead du baromètre du mensonge statistique en fin de campagne avec des énormités, comme le prétendu investissement annuel de 12 milliards d’euros dans les éoliennes de la France alors que c’est le chiffre de toute l’Union européenne». Les grands médias ont bien saisi le potentiel de ce journalisme de données et y consacrent des équipes entières comme dans le cas du New York Times ou du datablog du Guardian.




















