{"id":5285,"date":"2019-08-14T05:48:49","date_gmt":"2019-08-14T04:48:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/?p=5285"},"modified":"2019-08-14T07:10:52","modified_gmt":"2019-08-14T06:10:52","slug":"notre-bataille-a-permis-de-lancer-un-signal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/2019\/08\/notre-bataille-a-permis-de-lancer-un-signal\/","title":{"rendered":"\u00abNotre bataille a permis de lancer un signal\u00bb"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_5287\" class=\"wp-caption alignleft\" style=\"width: 592px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5287 size-full\" src=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/files\/2019\/08\/Krafft.gif\" alt=\"\" width=\"582\" height=\"327\" \/> La journaliste Camille Krafft s&rsquo;est battue pour que le contenu d&rsquo;une enqu\u00eate soit r\u00e9v\u00e9l\u00e9e au grand jour.<p class=\"wp-caption-text\"><\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: left\"><strong><span style=\"color: #fff;background-color: #000;padding: 1px 5px\">MAKING-OF<\/span><\/strong><strong>\u00a0En 2013, le centre pour requ\u00e9rants d\u2019asile de Perreux (NE) fait la Une \u00e0 cause d\u2019incidents graves. La journaliste Camille Krafft est all\u00e9e jusqu\u2019au Tribunal f\u00e9d\u00e9ral pour consulter le rapport d\u2019enqu\u00eate.<\/strong><\/p>\n<p>Rixes, relations privil\u00e9gi\u00e9es entre r\u00e9sidents et employ\u00e9s, insalubrit\u00e9\u00a0: le minist\u00e8re public neuch\u00e2telois ouvre une enqu\u00eate p\u00e9nale en 2013 contre huit collaborateurs du centre, dont la directrice. Puis le Conseil d\u2019Etat demande un rapport d\u2019enqu\u00eate administrative pour \u00e9lucider les faits. Mais les conclusions doivent rester secr\u00e8tes.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 le 2 avril 2013 par le gouvernement, le document conclut \u00e9tonnamment qu\u2019il n\u2019y a pas eu de manquements importants et ne plaide pas pour une suspension, un bl\u00e2me ou un licenciement de la directrice. L\u2019ancienne journaliste du Matin Dimanche Camille Krafft flaire que l\u2019ex\u00e9cutif cache les v\u00e9ritables conclusions de l\u2019enqu\u00eate du juge Christian Geiser. Elle demande, avec un coll\u00e8ge de la RTS, \u00e0 consulter le rapport. Apr\u00e8s le refus du gouvernement et le recours de la directrice, le document est finalement rendu public en mai 2018 sur l\u2019avis du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral<\/p>\n<p><strong>Camille Krafft, vous avez men\u00e9 une lutte acharn\u00e9e pour obtenir le rapport d\u2019enqu\u00eate. Pourquoi \u00e9tiez-vous si s\u00fbre qu\u2019il contenait des informations d\u00e9cisives?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019avais fait beaucoup de recherches en amont et r\u00e9colt\u00e9 des t\u00e9moignages sur les incidents. M\u00eame la responsable d\u2019Amnesty d\u00e9non\u00e7ait la gestion du centre. Durant toute la proc\u00e9dure de l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale, la directrice de Perreux \u00e9tait la seule \u00e0 \u00eatre toujours en poste: cela m\u2019a alert\u00e9e. Je disposais de suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour \u00eatre convaincue que quelque chose clochait dans les conclusions de l&rsquo;enqu\u00eate administrative telles que pr\u00e9sent\u00e9es par le gouvernement. Il valait donc la peine d\u2019insister pour obtenir le document. Et l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00e9tait pr\u00e9pond\u00e9rant.<\/p>\n<p><strong>Comment jugez-vous l\u2019attitude de l\u2019ex\u00e9cutif?<\/strong><\/p>\n<p>Il a fait preuve de mauvaise foi en livrant son interpr\u00e9tation du document de mani\u00e8re \u00e0 prot\u00e9ger la directrice du centre. Conclure qu\u2019il n\u2019y avait aucune raison de suspendre cette femme tout en refusant de rendre public le rapport n&rsquo;est pas acceptable. Le Conseil d\u2019Etat s\u2019est assis sur les conclusions de ce rapport, comme si ce dernier n\u2019avait servi \u00e0 rien.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi le gouvernement prot\u00e9geait-il la directrice du centre?<\/strong><\/p>\n<p>Les raisons sont obscures, encore aujourd\u2019hui. Mais il est \u00e9vident qu\u2019il voulait cacher une v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9rangeante puisque le rapport pointe du doigt un manque d&rsquo;effectif et le regroupement de\u00a0requ\u00e9rants d&rsquo;asile difficiles. Il critique \u00e9galement la responsable qui favorisait des r\u00e9sidents, les discriminaient selon leur origine et manquait manifestement de distance avec certains d\u2019entre eux. Ses erreurs \u00e9taient graves au point qu\u2019elles auraient pu mener \u00e0 son licenciement. Le rapport conclut donc tout autre chose que ce que le gouvernement a fait croire en 2013.<\/p>\n<p><strong>Il vous a fallu cinq ans pour obtenir le rapport. Que s\u2019est-il pass\u00e9 durant tout ce temps?<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s que le Conseil d\u2019Etat a refus\u00e9 notre demande d\u2019acc\u00e8s, mon coll\u00e8gue de la RTS Fran\u00e7ois Roulet et moi avons saisi la Commission de la protection des donn\u00e9es et de la transparence de Neuch\u00e2tel et du Jura. Apr\u00e8s un premier avis d\u00e9favorable en raison de la proc\u00e9dure en cours, elle a enjoint l\u2019ex\u00e9cutif en 2015 \u00e0 nous livrer le document anonymis\u00e9. Mais la directrice du centre s\u2019y est oppos\u00e9e devant le tribunal cantonal. La cour a accept\u00e9 son recours en 2017. Ce verdict nous a beaucoup \u00e9tonn\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Comment a argument\u00e9 la justice cantonale?<\/strong><\/p>\n<p>Pour les juges, le document avait bien un caract\u00e8re officiel, mais une publication des informations contenues dans le rapport pouvait avoir des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses pour la directrice et perturber le bon fonctionnement du centre, devenu entretemps un centre f\u00e9d\u00e9ral. Une argumentation incompr\u00e9hensible pour nous: nous avons donc recouru aupr\u00e8s du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>La plus haute instance vous a, elle, donn\u00e9 raison.<\/strong><\/p>\n<p>Contrairement au tribunal cantonal, les juges de Mon Repos ont estim\u00e9 que l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00e9tait pr\u00e9pond\u00e9rant: les citoyens devaient savoir comment fonctionne une institution publique. Cela pr\u00e9valait sur les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s de la directrice.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui vous a le plus r\u00e9joui dans le jugement du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral?<\/strong><\/p>\n<p>Le fait que nous avons rempli notre r\u00f4le de journalistes et que ce que nous d\u00e9noncions \u00e9tait v\u00e9ridique. Mais notre bataille a surtout permis de lancer un signal: la population a le droit de conna\u00eetre des informations qui la concernent et nous, les journalistes, sommes pr\u00eats \u00e0 aller jusqu\u2019au bout pour les obtenir. Les autorit\u00e9s doivent se rendre compte qu\u2019elles ne peuvent pas s\u2019asseoir sur le principe de la transparence.<\/p>\n<p><strong>Et quel impact concret a eu votre acharnement?<\/strong><\/p>\n<p>Malheureusement, la port\u00e9e des informations publi\u00e9es a \u00e9t\u00e9 faible car la directrice avait pris sa retraite entretemps et le gouvernement avait \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9 durant la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p><strong>Comment utilisez-vous les lois sur la transparence au quotidien?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai toujours ces lois en t\u00eate. Leurs potentialit\u00e9s sont \u00e9normes. L\u2019arsenal des outils journalistiques s\u2019est vu renforcer gr\u00e2ce \u00e0 elles. Les m\u00e9dias ne doivent surtout pas h\u00e9siter \u00e0 y recourir. De plus, la proc\u00e9dure est relativement simple. Nous, journalistes, devrions mieux informer la population sur ce pr\u00e9cieux instrument. Le grand public m\u00e9conna\u00eet encore trop les lois sur la transparence.<\/p>\n<p><em>Interview: Julia Rippstein<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MAKING-OF\u00a0En 2013, le centre pour requ\u00e9rants d\u2019asile de Perreux (NE) fait la Une \u00e0 cause d\u2019incidents graves. La journaliste Camille Krafft est all\u00e9e jusqu\u2019au Tribunal f\u00e9d\u00e9ral pour consulter le rapport d\u2019enqu\u00eate. 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