{"id":5169,"date":"2019-04-30T11:47:21","date_gmt":"2019-04-30T10:47:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/?p=5169"},"modified":"2019-04-30T11:52:11","modified_gmt":"2019-04-30T10:52:11","slug":"exportations-darmes-la-woz-gagne-au-tribunal-federal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/2019\/04\/exportations-darmes-la-woz-gagne-au-tribunal-federal\/","title":{"rendered":"Exportations d&rsquo;armes: la WOZ gagne au Tribunal f\u00e9d\u00e9ral"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_5174\" class=\"wp-caption alignleft\" style=\"width: 592px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5174 size-full\" src=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/files\/2019\/04\/ruag_21.gif\" alt=\"\" width=\"582\" height=\"327\" \/> Une bataille juridique partie d&rsquo;une recherche sur des grenades livr\u00e9es par Ruag, destin\u00e9es \u00e0 la guerre civile en Syrie. (Photo: SRF)<p class=\"wp-caption-text\"><\/p><\/div>\n<p><i>Par Jan\u00a0Jir\u00e1t. <\/i><strong>Le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a tranch\u00e9 en faveur d\u2019une plus grande transparence dans le domaine controvers\u00e9 du commerce d\u2019armes: les noms des entreprises suisses exportatrices doivent \u00eatre publi\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019origine de ce verdict: une demande d\u2019acc\u00e8s en vertu de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur la transparence faite par le journaliste Jan Jir\u00e1t de la Wochenzeitung (WOZ) en avril 2015. Le Secr\u00e9tariat d\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) a, pendant cinq ans, fermement refus\u00e9 de donner la liste des soci\u00e9t\u00e9s helv\u00e9tiques exportant des armes par crainte de toucher au secret d\u2019affaire et de porter atteinte aux int\u00e9r\u00eats de la politique ext\u00e9rieure de la Suisse. \u00a0<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais ni le pr\u00e9pos\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 la protection des donn\u00e9es et \u00e0 la transparence (en ao\u00fbt 2016) ni le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral (en mars 2018) n\u2019a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette argumentation. Le Seco a n\u00e9anmoins d\u00e9cid\u00e9 de porter le cas en derni\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Si la WOZ a gagn\u00e9 cette longue et fastidieuse bataille, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 quatre points d\u00e9cisifs:<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, le fait que les journalistes de l\u2019hebdomadaire puissent prendre le temps de traiter un sujet de mani\u00e8re approfondie: cela leur permet de formuler des questions tr\u00e8s pr\u00e9cises et de cibler leur recherche.<\/p>\n<p>La bataille juridique entre la WOZ et le Seco a pour contexte une enqu\u00eate sur les livraisons de grenades: \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2012, on apprend que des grenades provenant de la soci\u00e9t\u00e9 Ruag, active dans la d\u00e9fense et appartenant \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration, sont utilis\u00e9es dans le conflit syrien. Ces grenades sont parvenues en Syrie par le biais des Emirats arabes unis (EAU) apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 livr\u00e9es par la Suisse en 2003 et 2004. Or une partie des grenades ont \u00e9t\u00e9 transmises par les EAU \u00e0 la Jordanie, suppos\u00e9ment en soutien de la lutte contre le terrorisme, alors qu&rsquo;ils avaient sign\u00e9 une d\u00e9claration de non-r\u00e9exportation.<\/p>\n<p><strong>Comment forcer la bo\u00eete noire?<\/strong><\/p>\n<p>Au fil de leur enqu\u00eate, les journalistes de la WOZ ont remarqu\u00e9 qu\u2019\u00e0 part les grands noms tels que Ruag et Mowag, on n\u2019ignorait presque tout des autres soci\u00e9t\u00e9s suisses actives dans l\u2019exportation d\u2019armes. Une zone d\u2019ombre qui s\u2019explique par la politique de non-information du Seco \u00e0 ce sujet, l\u2019autorit\u00e9 charg\u00e9e de contr\u00f4ler les livraisons d\u2019armes.<\/p>\n<p>Pour faire la lumi\u00e8re sur cette opacit\u00e9, la WOZ a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019actionner la loi sur la transparence (LTrans) \u2013 et c\u2019est le point deux. Bien que cet instrument soit \u00e0 disposition des citoyens \u2013 et notamment des journalistes \u2013 depuis 2006 pour acc\u00e9der aux documents de l\u2019administration, il ne s\u2019agit malheureusement pas encore d\u2019une \u00e9vidence pour les autorit\u00e9s, comme le montre le cas pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Ayant d\u00e9j\u00e0 eu plusieurs exp\u00e9riences avec la LTrans, le journaliste Jan Jir\u00e1t a, pour sa requ\u00eate aupr\u00e8s du Seco, sciemment renonc\u00e9 \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 chaque demande d\u2019exportation d\u2019armes. Il a \u00e0 la place demand\u00e9 le nom de toutes les entreprises qui ont fait une \u2013 ou plusieurs &#8211; telle demande, ind\u00e9pendamment des pays vers lesquels les armes \u00e9taient livr\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour Jan Jir\u00e1t, ne pas r\u00e9clamer la liste de chaque demande d\u2019exportation permettait de contourner l\u2019argument du secret commercial souvent brandi par le Seco. Le journaliste savait de cas pr\u00e9c\u00e9dents que les autorit\u00e9s refusaient souvent ce genre de requ\u00eates <span style=\"float: none;background-color: transparent;color: #333333;font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif;font-size: 16px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;line-height: 24px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px\">dans un premier temps, <\/span>mais qu\u2019il valait ensuite la peine de faire une demande en m\u00e9diation aupr\u00e8s du pr\u00e9pos\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 la transparence. Ce dernier fait une pes\u00e9e des int\u00e9r\u00eats respectifs <span style=\"float: none;background-color: transparent;color: #333333;font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif;font-size: 16px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;line-height: 24px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px\">(transparence vs. secret d\u2019affaire)<\/span> juste et \u00e9quilibr\u00e9e au regard de la loi.<\/p>\n<p><strong>Jusqu\u2019en derni\u00e8re instance, sans ciller<\/strong><\/p>\n<p>En ao\u00fbt 2016, le pr\u00e9pos\u00e9 a recommand\u00e9 au Seco de fournir la liste demand\u00e9e par la WOZ, un avis juridiquement non contraignant que la Conf\u00e9d\u00e9ration a refus\u00e9 de mettre en \u0153uvre. Pour la WOZ, il restait la possibilit\u00e9 de porter le cas devant le Tribunal administratif f\u00e9d\u00e9ral (TAF). C\u2019est l\u00e0 que le point trois entre en jeu: la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 ce stade, d\u2019un conseil juridique. L\u2019avocate de la WOZ a ainsi argument\u00e9 pourquoi la loi sur la transparence devait, dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en faveur du journal. Le TAF ainsi que le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral ont suivi le raisonnement de la juriste.<\/p>\n<p>Enfin, le fonds de recherche de l\u2019association de soutien ProWOZ \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 porter les risques financiers de la proc\u00e9dure. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce soutien que les journalistes ont pu faire recours devant les tribunaux f\u00e9d\u00e9raux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Jan\u00a0Jir\u00e1t. Le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral a tranch\u00e9 en faveur d\u2019une plus grande transparence dans le domaine controvers\u00e9 du commerce d\u2019armes: les noms des entreprises suisses exportatrices doivent \u00eatre publi\u00e9s. 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