{"id":4878,"date":"2018-09-02T08:55:27","date_gmt":"2018-09-02T07:55:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/?p=4878"},"modified":"2018-09-02T08:55:27","modified_gmt":"2018-09-02T07:55:27","slug":"un-algorithme-est-aussi-une-donnee-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/2018\/09\/un-algorithme-est-aussi-une-donnee-publique\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Un algorithme est aussi une donn\u00e9e publique\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_4881\" class=\"wp-caption alignleft\" style=\"width: 592px\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4881 size-full\" src=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/files\/2018\/07\/timo_maz.jpg\" alt=\"\" width=\"582\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/files\/2018\/07\/timo_maz.jpg 582w, https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/files\/2018\/07\/timo_maz-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px\" \/> Le journaliste Timo Grossenbacher n&rsquo;h\u00e9sitera plus \u00e0 actionner les lois sur la transparence pour faire pression sur les autorit\u00e9s. (Photo: MAZ)<p class=\"wp-caption-text\"><\/p><\/div>\n<p><strong><span style=\"color: #fff;background-color: #000;padding: 1px 5px\">MAKING-OF<\/span><\/strong>\u00a0<strong>Timo Grossenbacher, journaliste pour SRF Data, a fini par obtenir un algorithme qui minimise le risque de r\u00e9cidive chez les d\u00e9linquants. \u00ab\u00a0Il ne faut pas se laisser \u00e9conduire\u00a0\u00bb par les autorit\u00e9s, dit-il.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019outil sera utilis\u00e9 par tous les cantons al\u00e9maniques d\u00e8s fin 2018 et fait partie de la nouvelle politique \u00ab\u00a0z\u00e9ro risque\u00a0\u00bb du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire. Il s\u2019agit de classer les d\u00e9linquants dans des cat\u00e9gories de risque. Les data-journalistes de SRF se sont demand\u00e9 s\u2019il \u00e9tait vraiment possible de d\u00e9masquer les personnes susceptibles de r\u00e9cidiver gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019informatique. Ils ont trouv\u00e9 une r\u00e9ponse en s\u2019appuyant sur la loi de l\u2019information du canton de Zurich.<!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est le meurtre du Zollikerberg en 1993 qui a marqu\u00e9 un tournant. A l\u2019\u00e9poque, une jeune femme a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e puis tu\u00e9e par un d\u00e9linquant violent condamn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. Il \u00e9tait alors en permission de sortie. Sous pression apr\u00e8s ce drame, les autorit\u00e9s ont cr\u00e9\u00e9 un logiciel qui traite les informations sur le d\u00e9lit commis et les ant\u00e9c\u00e9dents judiciaires. Apr\u00e8s 20 minutes, le d\u00e9linquant est class\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 un algorithme, dans une des trois cat\u00e9gories de risque.<\/p>\n<p>Timo Grossenbacher et son confr\u00e8re Christof Schneider ont voulu en savoir plus sur le m\u00e9canisme du logiciel et les crit\u00e8res utilis\u00e9s. Ils ont demand\u00e9, en vertu de la loi zurichoise sur l\u2019information, \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.srf.ch\/static\/srf-data\/data\/2018\/ros\/fast_manual_und_gewichte.pdf\">obtenir l\u2019algorithme<\/a> avec lequel le logiciel travaille. Les data journalistes ont ainsi remarqu\u00e9 que les autorit\u00e9s avaient adapt\u00e9 l\u2019outil fin 2017. Certains d\u00e9lits &#8211; violence domestique et inscriptions au tribunal des mineurs &#8211; p\u00e8sent d\u00e9sormais moins dans la balance. Bien que certaines voix mettent en doute la fiabilit\u00e9 actuelle de l\u2019instrument, l\u2019administration zurichoise continue de miser sur cet outil informatique.<\/p>\n<p><strong>Timo Grossenbacher, comment vous est venue l\u2019id\u00e9e d\u2019obtenir des autorit\u00e9s l\u2019algorithme d\u2019un logiciel ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons commenc\u00e9 nos <a href=\"https:\/\/www.srf.ch\/news\/schweiz\/rueckfallrisiko-bei-straftaetern-die-grosse-screening-maschine\">recherches sur la \u00ab\u00a0Screening Machine\u00a0\u00bb<\/a> par une approche tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale. Ce n\u2019est que lors d\u2019un entretien avec le d\u00e9veloppeur du logiciel de l\u2019Office de la justice du canton de Zurich que nous avons eu l\u2019id\u00e9e de demander le document de l\u2019algorithme contenant le sch\u00e9ma selon lequel la dangerosit\u00e9 des d\u00e9linquants est \u00e9valu\u00e9e. La r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 n\u00e9gative. L\u2019employ\u00e9 a argument\u00e9 qu\u2019un acc\u00e8s au document n\u2019\u00e9tait possible que dans un cadre scientifique.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous \u00e9t\u00e9 refroidi par ce refus net ?<\/strong><\/p>\n<p>Non. Pour nous, il \u00e9tait clair que le public avait le droit de savoir comment un tel outil fonctionne vu qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un algorithme d\u00e9velopp\u00e9 par les autorit\u00e9s bient\u00f4t utilis\u00e9 dans toute la Suisse al\u00e9manique. Le point crucial a \u00e9t\u00e9 de savoir que l\u2019algorithme existait d\u00e9j\u00e0 depuis 5-6 ans et qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 sur une application en ligne vers 2015. Pour ce faire, les autorit\u00e9s ont mandat\u00e9 une entreprise. Or une entreprise priv\u00e9e veut prot\u00e9ger ses secrets commerciaux, ce qui constitue souvent un motif pour refuser une demande. Nous avons alors demand\u00e9 \u00e0 la justice zurichoise quel mandat elle avait confi\u00e9 \u00e0 cette entreprise, autrement dit comment la justice souhaitait que l\u2019application fonctionne. Heureusement pour nous, l\u2019algorithme en lui-m\u00eame n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un secret commercial de l\u2019entreprise, \u00e9tant donn\u00e9 que les autorit\u00e9s l\u2019ont d\u00e9velopp\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment ont r\u00e9agi les autorit\u00e9s suite \u00e0 votre demande ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9pos\u00e9 notre requ\u00eate au d\u00e9but du mois de mai, qui est rest\u00e9e sans r\u00e9ponse. Nous n\u2019avons m\u00eame pas re\u00e7u une confirmation de lecture. Puis, peu avant la publication de notre article, nous avons \u00e0 nouveau rencontr\u00e9 les autorit\u00e9s judiciaires. Lors de cet entretien, le document nous a \u00e9t\u00e9 fourni\u00a0: il \u00e9tait dans une enveloppe affranchie et aurait d\u00fb \u00eatre envoy\u00e9 le jour m\u00eame. Apr\u00e8s des semaines sans nouvelles de l\u2019administration, nous avons \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s surpris par ce dr\u00f4le de hasard.<\/p>\n<p><strong>Le document de 23 pages que vous avez re\u00e7u est notifi\u00e9 comme mat\u00e9riel interne.<\/strong><\/p>\n<p>Oui, cela nous a aussi \u00e9tonn\u00e9s. Le document n\u2019a rien de tr\u00e8s sensible, mais il rev\u00eat tout de m\u00eame d\u2019un int\u00e9r\u00eat public. Lorsque les autorit\u00e9s nous ont tendu l\u2019enveloppe avec le document, elles nous ont dit sur un ton d\u00e9tendu que ce document \u00e9tait bien entendu public.<\/p>\n<p><strong>Que retenez-vous de cette exp\u00e9rience\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il ne faut pas se laisser envoyer promener. Les chances d\u2019obtenir un document d\u00e9pendent de la mani\u00e8re dont et aupr\u00e8s de qui la demande est faite. Dans notre cas, la voie officielle a port\u00e9 ses fruits.<\/p>\n<p><strong>Allez-vous \u00e0 l\u2019avenir recourir plus syst\u00e9matiquement \u00e0 ces lois\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est tr\u00e8s encourageant pour nous, data journalistes. Maintenant nous savons que les demandes d\u2019acc\u00e8s ne valent pas que pour les documents, mais aussi pour les donn\u00e9es et les algorithmes. Et ce, m\u00eame si une entreprise priv\u00e9e est impliqu\u00e9e. Cela me motive \u00e0 recourir aux lois sur la transparence pour de futures recherches.<\/p>\n<p><strong>Vous voyez-vous aller jusqu\u2019au tribunal pour d\u00e9fendre l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Cela peut valoir la peine de faire pression avec les moyens juridiques \u00e0 disposition. Il ne faut en tout cas pas abandonner apr\u00e8s un premier refus. Plus les journalistes recourent aux lois sur la transparence, plus les cantons qui n\u2019en ont pas seront mis sous pression.<\/p>\n<p><strong>Que faut-il am\u00e9liorer dans l\u2019application des lois sur la transparence\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Certains organes, notamment les ombudsmans, constituent des zones grises. Il n\u2019est pas clair s\u2019ils sont concern\u00e9s par le principe de transparence. Les cantons qui connaissent encore le principe de confidentialit\u00e9 sont, pour nous data-journalistes, un probl\u00e8me. Nous devons souvent demander des chiffres aupr\u00e8s de chaque canton. R\u00e9sultat\u00a0: nos chiffres sont incomplets. Nous essayons toutefois d\u2019en tirer profit en mentionnant dans nos articles quels cantons n\u2019ont pas fourni de donn\u00e9es. C\u2019est aussi un moyen de pression.<\/p>\n<p><em>Interview: Julia Rippstein<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MAKING-OF\u00a0Timo Grossenbacher, journaliste pour SRF Data, a fini par obtenir un algorithme qui minimise le risque de r\u00e9cidive chez les d\u00e9linquants. \u00ab\u00a0Il ne faut pas se laisser \u00e9conduire\u00a0\u00bb par les autorit\u00e9s, dit-il. L\u2019outil sera utilis\u00e9 par tous les cantons al\u00e9maniques d\u00e8s fin 2018 et fait partie de la nouvelle politique \u00ab\u00a0z\u00e9ro risque\u00a0\u00bb du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire. 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