{"id":2663,"date":"2012-05-25T10:55:46","date_gmt":"2012-05-25T09:55:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/?p=2663"},"modified":"2012-05-25T13:06:05","modified_gmt":"2012-05-25T12:06:05","slug":"la-suisse-laissera-t-elle-leconomie-surfer-sur-ses-donnees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/2012\/05\/la-suisse-laissera-t-elle-leconomie-surfer-sur-ses-donnees\/","title":{"rendered":"La Suisse laissera-t-elle l\u2019\u00e9conomie surfer sur ses donn\u00e9es?"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_2666\" class=\"wp-caption alignleft\" style=\"width: 590px\"><br \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-2666\" src=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/files\/2012\/05\/Bilan.jpg\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"350\" \/><p class=\"wp-caption-text\"> Le mouvement Open Data milite pour l\u2019ouverture des donn\u00e9es publiques en utilisant le m\u00eame genre d\u2019outils qu\u2019emploient les moteurs de recherche. (Illustration: Bilan)<\/p><\/div>\n<p><em>Par Fabrice Delaye. <\/em><strong>Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral doit d\u00e9cider cet automne s\u2019il s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019open data. Ce mouvement, pr\u00e9sent aux Etats-Unis et en France, pr\u00f4ne l\u2019acc\u00e8s \u00e0 toutes les informations publiques.<\/strong><\/p>\n<p>A combien se loue en moyenne le m\u00e8tre carr\u00e9 dans le quartier o\u00f9 vous comptez emm\u00e9nager? Comment se comparent les pourcentages de r\u00e9ussite \u00e0 la matu des diff\u00e9rentes \u00e9coles o\u00f9 vous envisagez de scolariser votre enfant? Dans quel h\u00f4pital de la r\u00e9gion risque-t-on d\u2019attraper le plus de maladies nosocomiales? Quelle ligne de bus est-elle la moins s\u00fbre de votre ville?&#8230; Nous n\u2019avons pas les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions, mais nous savons o\u00f9 elles sont. Comme des milliers d\u2019autres informations pertinentes pour notre quotidien, elles dorment dans les bases de donn\u00e9es des diverses administrations. Publiques, ces informations devraient \u00eatre accessibles. D\u2019autant plus que, depuis juillet 2006, la loi sur l\u2019organisation du gouvernement et de l\u2019administration (LOGA) garantit aux Suisses le droit de demander presque n\u2019importe quelle information gouvernementale. Mais entre les difficult\u00e9s d\u2019identifier les sources et les labyrinthes bureaucratiques, on est tr\u00e8s loin du compte. Le site loitransparence.ch constate que, entre 2006 et 2010, les Suisses ont eu 20 fois moins recours \u00e0 cette possibilit\u00e9 que les Anglais. Et pr\u00e8s d\u2019un tiers de leurs demandes ont \u00e9t\u00e9 refus\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est ce que s\u2019appr\u00eate \u00e0 changer l\u2019open data. Port\u00e9 \u00e0 l\u2019origine par des geeks, ce mouvement culturel et technologique milite pour l\u2019ouverture des donn\u00e9es publiques en utilisant le m\u00eame genre d\u2019outils qu\u2019emploient les moteurs de recherche pour exploiter les donn\u00e9es d\u2019internet. R\u00e9cemment, cette demande de transparence est m\u00eame devenue un argument \u00e9conomique. Les administrations publiques disposent d\u2019une v\u00e9ritable mine d\u2019or en termes d\u2019informations. Les entreprises pourraient les valoriser de mille fa\u00e7ons, que ce soit sous forme de services applicatifs ou pour leurs besoins propres.<\/p>\n<p><strong>Une mine d\u2019or pour les applications<\/strong><\/p>\n<p>Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral doit d\u00e9cider l\u2019automne prochain s\u2019il accepte cette transformation radicale de l\u2019acc\u00e8s et de l\u2019utilisation des donn\u00e9es publiques. Certaines communes comme Zurich, qui doit ouvrir son portail open data en juin prochain, jouent d\u00e9j\u00e0 les pionni\u00e8res. Tout a commenc\u00e9 en juin 2011 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un colloque sur les donn\u00e9es ouvertes organis\u00e9 par les Archives f\u00e9d\u00e9rales sous l\u2019impulsion du groupe parlementaire pour une informatique durable. Les acteurs constatent alors le retard suisse en la mati\u00e8re. Aux Etats-Unis, d\u00e8s 2009, l\u2019administration s\u2019est pli\u00e9e \u00e0 une promesse de campagne d\u2019Obama en cr\u00e9ant le portail data.gov qui ouvre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 390 000 bases de donn\u00e9es publiques. Au Royaume-Uni, c\u2019est Tim Berners-Lee, l\u2019inventeur du Web au CERN, qui a convaincu Gordon Brown puis David Cameron de lancer data.gov.uk. Les effets ne se sont pas fait attendre. Selon Nigel Shadbolt, qui codirige avec Tim Berners-Lee l\u2019Open Data Institute, \u00able Royaume-Uni a, par exemple, vu une r\u00e9duction de l\u2019ordre de 80% des infections nosocomiales, apr\u00e8s que la comparaison des donn\u00e9es entre h\u00f4pitaux fut devenue possible\u00bb.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre dernier, la France a ouvert son site data.gouv.fr, qui a d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans la campagne \u00e9lectorale (lire encadr\u00e9). D\u00e9but avril \u00e0 Brasilia, 55 pays se sont engag\u00e9s pour un Open Government Partnership qui pr\u00e9voit l\u2019ouverture des bases de donn\u00e9es administratives au public. En Suisse, le mouvement de l\u2019open data s\u2019est aussi mis en route. Cr\u00e9\u00e9e en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, l\u2019association opendata.ch organise des journ\u00e9es make.opendata.ch, sorte de marathon de la programmation, au cours desquelles les d\u00e9veloppeurs informatiques multiplient les innovations (lire l\u2019encadr\u00e9). En parall\u00e8le, l\u2019administration f\u00e9d\u00e9rale d\u00e9veloppe un prototype de moteur de recherche pour ses donn\u00e9es: le \u00absingle point of orientation\u00bb. Il pourrait servir de base \u00e0 un portail grand public si le gouvernement le d\u00e9cide. Mais cet arbitrage est soumis \u00e0 trois influences qui ne vont pas forc\u00e9ment dans le m\u00eame sens.<\/p>\n<p><strong>L\u2019information, c\u2019est le pouvoir<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019open data est d\u2019abord une formidable opportunit\u00e9 \u00e9conomique. Comme l\u2019explique Fran\u00e7ois Bancilhon, fondateur de l\u2019entreprise fran\u00e7aise Data Publica, \u00abil y a deux id\u00e9es. La premi\u00e8re, c\u2019est de rendre accessibles simplement et facilement toutes les donn\u00e9es publiques. La seconde, c\u2019est de permettre leur r\u00e9utilisation sous des formes diverses pour r\u00e9v\u00e9ler de nouvelles informations et en augmenter la valeur.\u00bb Son entreprise vient ainsi de construire un outil qui permet de voir en un coup d\u2019\u0153il le millier d\u2019appels d\u2019offres quotidiens des collectivit\u00e9s publiques fran\u00e7aises \u00e0 partir de 8000 sources diff\u00e9rentes. En Allemagne, un d\u00e9veloppeur a, lui, crois\u00e9 les donn\u00e9es de l\u2019orientation de l\u2019ensemble des toitures extraites de Google Maps avec les donn\u00e9es climatiques de l\u2019office m\u00e9t\u00e9orologique afin de vendre aux installateurs de panneaux photovolta\u00efques une application qui identifie les meilleurs prospects. Aux Etats-Unis, le site data.gov a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 plus de 1500 applications allant de la mesure de la ponctualit\u00e9 des a\u00e9roports \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 dans les bus. Un v\u00e9ritable \u00e9cosyst\u00e8me, comparable \u00e0 celui de l\u2019Appstore ou de Facebook, s\u2019est mis en place avec des entreprises \u00e9mergentes comme Factual ou Infochimps et quelques g\u00e9ants comme Google et son Public Data Explorer lanc\u00e9 en mars 2010. \u00abAu fur et \u00e0 mesure que se multiplient les sources publiques, les entreprises tissent des corr\u00e9lations avec leurs propres donn\u00e9es pour cr\u00e9er de nouveaux services \u00e0 valeur ajout\u00e9e\u00bb, analyse Antoine Logean, porte-parole d\u2019opendata.ch.<\/p>\n<p>Toutefois, si les autorit\u00e9s politiques ont bien en t\u00eate cette opportunit\u00e9 \u00e9conomique, elles se gardent de la mettre en avant. Th\u00e9oriquement, l\u2019ouverture des donn\u00e9es publiques correspond \u00e0 un objectif de transparence et secondairement d\u2019efficacit\u00e9 administrative. \u00abC\u2019est d\u2019abord un formidable moyen de reb\u00e2tir ou de consolider la confiance entre l\u2019Etat et le citoyen\u00bb, rel\u00e8ve Martin Stoll, responsable de la cellule enqu\u00eate de la SonntagsZeitung et cofondateur du site loitransparence.ch. \u00abMalheureusement, la transparence n\u2019est pas exactement dans l\u2019ADN de notre administration.\u00bb Pour vaincre cette r\u00e9sistance, il faut une volont\u00e9 politique. Mais c\u2019est ici que la logique des donn\u00e9es ouvertes bute sur son principal obstacle. Les politiques au pouvoir seront-ils pr\u00eats \u00e0 partager avec les entreprises et le public des mines d\u2019informations dont ils avaient jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent le monopole?<br \/>\u00a9 Bilan<\/p>\n<p>\u00a0<a href=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/lopen-data-au-service-du-journalisme\/\">L\u2019open data au service du journalisme<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oeffentlichkeitsgesetz.ch\/francais\/les-premieres-applications-suisses\/\">Les premi\u00e8res applications suisses<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>Fabrice Delaye est journaliste \u00e9conomique. Il \u00e9crit notamment pour le magazine\u00a0<em>Bilan<\/em>.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Fabrice Delaye. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral doit d\u00e9cider cet automne s\u2019il s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019open data. Ce mouvement, pr\u00e9sent aux Etats-Unis et en France, pr\u00f4ne l\u2019acc\u00e8s \u00e0 toutes les informations publiques. 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